Partie I

I- Consommation et niveau de vie

 

A) Lien entre consommation et niveau de vie

    En évolution, la consommation accrut d’après guerre (1945) d’ un rythme de près de 4 % de 1949 à 1974, puis de 3.4% de 1974 à 1990 (ralentissement dû au choc pétrolier).

    Est-ce significatif d’une amélioration du niveau de vie et du bien-être ?

    Tout d’abord, le niveau de vie est la quantité de biens et de services dont dispose effectivement un ménage ou un pays en fonction de son revenue. Pour un pays, il est estimé à partir du PIB  par habitant. Pour un ménage, il correspond au revenu disponible brut par unité de consommation.

    Durant les « Trente Glorieuses » (de l’après-guerre à la crise de 1973), la consommation a joué un rôle moteur dans la croissance du PIB. Grâce aux gains de productivité, qui ont permis des augmentations régulières de pouvoir d’achat, ainsi qu’au développement de la  protection sociale, la consommation de masse est née, fondée sur l’équipement progressif des ménages en biens durables.

    Pour ce qui est d’un pays, le niveau de vie est estimé à partir du PIB par habitant. Nous pouvons donc examiner s’il y a un lien entre, l’évolution de la consommation en France et le PIB de l’Etat, qui défini le niveau de vie de ce dernier. Pour cela nous allons observer un tableau qui relate, sur une période de plus de 50 ans, la possible relation entre ces deux domaines.

    Sur l’ensemble de la période on constate que les périodes d’accélération/ralentissement de la croissance de la consommation finale des ménages correspondent aux phases d’accélération/ralentissement de la croissance du PIB. En 1993, la baisse de la consommation finale des ménages coïncide avec celle du PIB. Toutefois la relation n’est pas parfaite : par exemple, de 1994 à 1996, le rythme de croissance de la consommation finale des ménages augmente légèrement alors que le rythme de croissance du PIB fléchi (de + 2% à 1%) ; de 1% en 1997, l’augmentation de la consommation est presque nulle tandis que celle du PIB s’accélère. Au cours des dernières années, la consommation progresse plus vite que le PIB.

    Pour résoudre notre problématique, nous allons nous intéresser davantage sur les ménages que sur l’État lui-même. Depuis 50 ans les français ont, sauf en 1993, consommé un peu plus  d’année en année, si bien qu’aujourd’hui le volume annuel de consommation par personne est trois fois plus élevé qu’en 1960. Cette progression globale recouvre de profonds changements dans la répartition du budget des ménages  entre les différents postes de dépenses : les parts réservées  à l’alimentation et à l’habillement se sont réduites, au profit notamment du logement et des transports, de la santé, des communications et des loisirs. La baisse continue de la part du budget consacrée à l’alimentation et, à l’opposé, la hausse de celle affectée à la santé sont principalement le reflet de la progression du niveau de vie.

    Après la seconde guerre mondiale, la France se reconstruit en adoptant les principes tayloriens et fordistes. Grâce à la division du travail et à l’introduction de lignes de montage, la production de masse se développe. Cela aura pour conséquence des gains de productivité permettant un meilleur niveau de vie aux ménages, car il y aura une hausse des salaires et une réduction des prix de vente qui entraînera une hausse du pouvoir d’achat et le développement d’une consommation de masse.

    De 1960 à 1974, le revenu des ménages a progressé de façon continue, de 11,2 % en moyenne par an. Les prix de la consommation ont augmenté de 5,2 % en moyenne, le pouvoir d’achat du revenu disponible de l’ensemble des ménages a donc progressé sur la période de 5,8 % par an. Compte tenu de l’évolution du nombre des ménages et de leur composition, cette croissance correspond à une progression moindre du pouvoir d’achat au niveau individuel de 4,6 %. Grâce à l’augmentation du revenu et du pouvoir d’achat, la consommation de masse s’est traduite par une augmentation annuelle au niveau individuel des dépenses en volume de 4,1 % par an.

    Nous pouvons donc constater que la consommation des ménages a un lien avec le pouvoir d’achat du revenue brut disponible (RBD) qui est la conséquence d’une augmentation du niveau de vie.

    Comme le constate Ernst Engel, statisticien prussien de la fin du XIXe siècle, la hausse des revenus des ménages s’accompagne, en premier lieu, d’une augmentation moins que proportionnelle de la consommation (hausse de la part consacrée à l’épargne) mais également d’une modification de la structure de la consommation ce que l’on peut appréhender à travers l’évolution des coefficients budgétaires. Ainsi établit-t-il qu’au fur et à mesure que le revenu croit, la part de celui-ci consacré aux dépenses alimentaires diminue.

    Pour répondre à la question initialement posée, et pour savoir s’il y a ou pas un lien entre l’évolution de la consommation et du niveau de vie, il faut examiner la structure de consommation des ménages.

B) Structure de la consommation

    Les structures de consommation des ménages sont différentes selon les niveaux de vie. Si les ménages les plus aisés consacrent toujours plus d’argent que les ménages les plus pauvres aux différents types de produits consommés (sauf cas exceptionnels comme le tabac, le lait, le sucre ou les boissons gazeuses), la part de chaque produit dans la dépense totale peut-être très différente.

    La structure de la consommation désigne la répartition des dépenses de l’ensemble des ménages ou d’une certaine catégorie de ménages (socioprofessionnel par exemple) en fonction d’un certain nombre de postes. Les principaux postes, appelés aussi fonction sont les suivants : produits alimentaires, loisirs, culture et enseignement, logement, chauffage éclairage, transports et communications, santé et services médicaux, habillement et meuble, etc.. Il s’agit de postes budgétaires car le budget du ménage (ensemble des dépenses de consommation d’un ménage) correspond à l’ensemble des dépenses de consommation.

    Pour analyser plus précisément la structure de la consommation des ménages, il faut la répartir en trois parties.

1) Structure sociale

    La consommation varie selon les individus, les ménages, les groupes sociaux, les pays. Les disparités de consommation désignent alors ces différences dans la nature des biens et des services consommés. C’est disparités peuvent d’abord s’expliquer par des différences de niveau de vie. Mais deux individus ayant le même niveau de vie, les mêmes ressources peuvent  utiliser celles-ci de manière très différente. Les disparités de consommation peuvent alors provenir de modes de vie différents, le mode de vie désignant les façons de vivre de plus de se nourrir, se vêtir, la façon d’utiliser ses loisirs, son temps libre etc.

    Selon le revenue : Le revenue a un lien direct avec la consommation des ménages, car il détermine le niveau de vie de ces derniers.

    Pour l’économiste anglais John Maynard Keynes ( 1883-1946), qui défini ainsi la relation entre revenu et consommation: « en moyenne et la plupart du temps, les hommes tendent a accroitre leur consommation à mesure que leur revenu croit, mais non d’une quantitée aussi grande que l’accroisemment du revenu. De même, il précise que  lorsque le revenu augmente, les personnes ne désirent consommer qu’ une proportion graduellement décroissante de leur revenu. »

    Le poids des grands postes de consommation dans le budget des ménages, diffèrent fortement suivant les caractéristiques du ménage. Sa taille et sont revenus sont les premiers déterminants de la structure budgétaire. Mais leur effet n’est pas identique sur tout le poste de consommation. Pour l’alimentation à domicile, l’ameublement ou les dépenses de restauration et l’hôtellerie, les variations sont encore importantes, quoique plus atténuées.

    Il existe une très forte inégalitée entre la consommation et le niveau de vie. Nous pouvons constater que les dépenses des ménages les plus pauvres (1er quintile = 0 à 10689€), sont plus élevées en ce qui concerne le logement et l’alimentation par rapport aux ménages les plus aisés (5e quintile = plus de 25044€) . Ces derniers dépensent plus en terme de transports, loisirs, culture, équipement , hôtels et  restaurants. Donc, les ménages les moins aisés consomment d’avantage l’ essentiel comme l’alimentation, alors que les plus aisés dépensent d’ avantage en loisirs.

    La théorie la plus simple pour expli­quer l’inégalité des salaires est que différents salariés apportent des contri­butions différentes à la production de leur entreprise : l’informaticien qui per­met à son entreprise d’informatiser tous ses fichiers clientèle et de les traiters de façon plus fiable et plus rapide rappor­te plus d’argent à son employeur que l’employé de bureau qui traite ensuite un certain nombre de dossiers par jour, et c’est pourquoi l’entreprise verse un salaire plus élevé à l’informaticien, sans quoi d’autres entreprises le débauche­raient. L’hostilité longtemps rencontrée par la théorie du capital humain s’expli­que sans doute par le fait que lorsque quelqu’un décrète ainsi que le salaire de l’informaticien est plus élevé que celui de l’employé de bureau c’est parce que son capi­tal humain et donc sa productivitée sont plus élevés, on le soupçonne souvent de vouloir suggérer que cette inégalité de capital humain mesure mécaniquement une inégalité irrémédiable et indépassa­ble entre deux êtres humains et qu’elle peut justifier l’inégalité éventuellement considérable des conditions de vie impli­quées par l’inégalité de ces salaires.

    À l’inverse, les parts de l’habillement ou des transports sont peu sensibles aux écarts de niveau de vie, mais en revanche fortement affectée par la taille du ménage.

    Comme nous pouvons le constater, selon le type de ménage, il y aura tel ou tel dépense de consommation qui sera plus élevé, ou moins élevé, qu’à un autre type de ménage.

    Selon catégorie socioprofessionnel : Il existe une très forte inégalité entre les différent CSP. Les cadres ne consomment pas comme les ouvriers et les actifs pas comme les inactifs. Comme pour le niveau de vie entre les menages, les CSP moins aisés comme les ouvriers consomment d’avantages l’essentiel comme l’alimentation ou le logement que les CSP plus aisés,comme les cadres, qui eux dépensent d’avantage en loisirs que les moins aisés. Donc il y a une inégalité de la consommation selon le niveau de vie.

Consommation selon les Catégories socioprofessionnels
Coefficients budgétaires Agriculteurs Artisans, commerçants, chefs d’entreprise Cadres Professions intermédiaires Employés
Alimentation 17,1 15,0 12,4 14,1 14,3
Boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants 1,5 2,4 1,8 2,5 2,9
Habillement 8,6 8,7 9,1 8,9 8,4
Logement 10,0 12,3 12,3 14,0 19,3
Equipements 7,3 7,4 8,1 7,0 6,6
Santé 3,6 3,0 3,3 3,3 3,3
Transports 17,2 18,3 16,7 18,1 15,6
Communications 3,1 3,1 3,2 3,8 4,5
Loisirs et culture 8,7 9,3 10,8 9,2 7,9
Enseignement 1,0 1,1 1,3 0,8 0,7
Hôtels, restaurants, cafés 4,7 6,3 8,2 6,7 5,2
Autres biens et services 17,2 13,1 12,7 11,6 11,3
Dépense totale 100 100 100 100 100

    Selon les régions : Plus le ménage est pauvre, plus la part de leur budget consacré à l’alimentation est élevée. C’est en Île-de-France, en Rhône-Alpes et en Alsace que les niveaux de vie médians sont les plus élevés. Dans l’Ouest, les inégalités de revenus sont les plus faibles, alors qu’elles sont les plus fortes en Île-de-France. Les taux de pauvreté sont les plus élevés en Languedoc-Roussillon, en Provence – Alpes – Côte d’Azur, dans le Nord et en Seine-Saint-Denis. Dans le Nord, les Bouches-du-Rhône et en Seine-Saint-Denis, les familles nombreuses sont particulièrement touchées, ce qui entraîne une pauvretée plus fréquente des enfants. Dans les départements les plus ruraux, la pauvreté frappe plus souvent les personnes âgées. Le chômage, le poids des inactifs, les différences de structure sociale ou familiale sont les principales raisons de ces disparités. Les prestations sociales, qui comptent pour le tiers du revenu disponible des ménages pauvres, contribuent fortement à en réduire l’amplitude.

    Le rapport inter-décile entre le niveau de vie plancher des 10 % d’individus les plus aisés et le niveau de vie plafond des 10 % les plus pauvres va de 2,6 % pour la Mayenne, département où il est le plus faible, à 5,1% pour Paris, où il est le plus élevé. Les deux départements de la Corse ont été regroupés.

    Selon l’ âge : Avec 17 760 € annuels, ce sont les 18-24 ans qui ont  le niveau de vie le plus faible. Le niveau de vie est à son maximum dans la tranche d’âge 55/59 ans (plus de 24 000 roues), selon une étude. Pour les plus de 75 ans, le niveau de vie de 20 000 roues « est proche de celui des quadragénaires qui est supérieur à celui des trentenaires ».

Age Moins de 25 ans De 25 à 44 ans De 45 à 64 ans 65 ans et plus Ensemble
Alimentation 9,8 13,7 15,6 19,6 15,5
Boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants 3,3 2,5 2,7 2,3 2,6
Habillement 7,5 9,2 7,9 5,0 7,8
Logement 27,0 16,5 14,0 18,6 16,2
Equipements 5,7 7,0 7,3 8,1 7,3
Santé 1,9 2,9 3,6 5,2 3,6
Transports 16,0 16,8 17,0 10,7 15,7
Communications 4,8 3,8 3,7 3,0 3,6
Loisirs et culture 7,9 8,7 9,5 8,9 9,0
Enseignement 1,6 0,6 1,0 0,0 0,7
Hôtels, restaurants, cafés 5,8 6,4 5,7 3,5 5,6
Autres biens et services 8,6 11,9 12,0 15,0 12,4
Dépense totale 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0

2) Structure technique de la consommation

    La structure de la consommation des ménages, ainsi que son évolution peuvent s’analyser à l’aide des coefficients budgétaires. Un coefficient budgétaire représente la part d’une certaine consommation (on peut prendre un poste budgétaire) dans le total de la consommation (part d’un poste budgétaire d’un ménage dans le total de la consommation). Il mesure la part de dépenses d’un poste (l’alimentation par exemple) par rapport au total des dépenses ; permettant d’étudier la structure de la consommation : il désigne la répartition pourcentage des dépenses des ménages en fonction des postes de consommation.

Evolution des « Coefficients budgétaires » de consommation

Coefficient budgétaires

1960 1970 1980

1990

2000

Alimentation

27,5

20,8

16,4

14,9

3,8

Habillement

10,1

8,3

6,1

5,4

4,2

Logement

9,7

14,5

15,4

16,1

18,1

Equipement du logement

7,9

7,0

6,4

5,4

4,8

Santé

1,9

1,7

1,6

2,3

2,5

Transports, communications

9,5

10,7

13,3

13,8

13,8

Loisirs et culture

6,1 6,7

6,9

6,8

7,2

Autres

13,1

13,5

13,7

15,1

13,2

Dépense de consommation socialisée

14,1 16,9 20,1

20,2

22,4

TOTAL : consommation effective des ménages

100

100

100

100

100

    Les coefficients budgétaires ont évolués depuis l’après guerre. Depuis une cinquantaine d’années, les coefficients budgétaires ont beaucoup évolués. En ce qui concerne les dépenses d’alimentation, d’habillement et d’équipement du logement, elles ont nettement diminués dans les dépenses des ménages. Cependant, les dépenses en termes de logement, santé et transports ont augmentés pendant cette même période.

3) Selon durabilité des produits

 

    La consommation permet de satisfaire des besoins humains par l’usage de biens et de services entraînant à plus ou moins long terme leur destruction : une glace au chocolat est immédiatement détruite au moment de sa consommation, un réfrigérateur suis plus lentement. Représentant plus de 60 % de la production, la consommation est un élément essentiel du dynamisme de l’économie. Il est donc important de la mesurer et d’en connaître le contenu. Les biens et les services consommées peuvent être classés selon leur fonction (alimentation, habillement, logement, équipement du logement, culture et loisir) selon leur origine (agriculture, industrie, services),et, pour les biens, selon leur durée de vie (biens non durables, semi-durables, durables).

    Ainsi, les ménages vont consommer selon la durabilités des biens.On peut cependant differencié quatre types de biens:

Biens durables : biens de consommation dont la destruction n’ est pas immédiate mais se fait progressivement dans le temps ( automobiles, equipement electromenager …).

Biens semi- durables : se sont les biens qui sont entre les biens durables et non durables (textile, cuir).

Biens non durables : biens de consommation dont la destruction est immédiate, comme l’alimentation.

Biens de services : biens non palpables et non stockables dont la production et la consommation sont realisée siumultanément( une réparation automobile, une coupe de cheveux, une consultation médicale,…). Donc se sont le contraire des biens matériauxqui ont une realitée physique, palpable et pouvant être stockés.

    La quantité de biens de consommation achetée ou détenue par les habitants d’un pays sert d’indicateur du niveau de vie, mais donne également une idée du type de société concernée. Les statistiques portant sur les biens de consommation sont largement utilisées par les entreprises qui envisagent la conquête d’un marché.

    Donc, comme nous l’avons pu constater, les ménages ont un mode de consommation lié à leur niveau de vie. Cependant, l’évolution de la consommation peut varier selon les différentes contraintes, plus communément appelés déterminants.

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